Éditions JOU

Merdeille

Frédéric Arnoux
Littérature
Format 11 x 17 cm, 160 pages, 13 euros
isbn : 978-2-9561782-6-2
à paraitre le 5 septembre 2020

Un monde irréel mais tout près du réel. Le quotidien des moins que rien rejetés loin, très loin derrière la virgule. Pas celle qui ponctue les phrases, celle qui taille dans le vif ces nombres plein de zéros qui circule d’un fond d’investissement à une place financière, d’une multinationale à un hedge fund. Là-bas quand ils ouvrent le frigo, il n’y a plus que la lumière dedans. Alors ils font avec ce qui leur reste : la violence, la poésie, l’humour.

Pour gagner quatre sous, ils empaillent les rats. Il paraît que les rats de là où ils vivent portent chance. Les commandes arrivent de partout mais ça ne rapporte pas grand-chose. Pour tuer le temps, ils pourraient se baigner dans le lac artificiel tout près mais quand les poissons n’y flottent pas le ventre à l’air, ils sautent sur la berge par instinct de survie. Alors ils regardent les arbres sur lesquels poussent des éponges avec le côté qui gratte ou observent au loin le feu d’artifice du centre commercial qui annonce les promos du jour et ils rêvent de balles de ping-pong à moitié prix, de chausson à prix coûtant… Des fois, ils font la fête sur le terrain de foot défoncé qui sert de ring, de salle des fêtes et de cimetière à l’occasion. Et qui dit fête là-bas, dit alcool à 90°. Et les cocktails à l’alcool à 90°, ça fait drôlement rigoler.

Frédéric Arnoux
Né en 1970. Il est actuellement intermittent dans l’audiovisuel. Avant cela, il a été créatif dans la pub, encore avant, femme de ménage dans une maison de retraite, emballeur de palettes, vendeur de plaquettes publicitaires en porte-à-porte, guetteur d’alarmes dans une usine de pétrochimie, videur de semi-remorque à main nue, plante verte la nuit dans un hôtel… Et pour commencer, il a grandi en bordure de Besançon, entre des vaches et des barres HLM. Il habite aujourd’hui à Paris, à Belleville.
Cowboy Light, Buchet Castel, coll. Qui Vive, 2017