Éditions JOU

Réel

Éric Arlix
Littérature
Format 11 x 17 cm, 160 pages, 13 euros
isbn : 978-2-492628-03-0
à paraitre le 7 mai 2022

Réel est un roman composé de trois parties. Le Livre#1 se déroule dans un centre commercial à Shanghai, sur une dizaine d’heures, la veille de Noël, dans un future proche. Une vingtaine de personnages se croise ou entre en interaction au milieu de dizaines de milliers de consommateurs sur-excités. Le Module#2 récapitule l’histoire des machines et présente des ressources (notes, conversations, fichiers). Le Mouvement#3 décrit les errements d’un groupe d’homo-sapiens en perdition.

Éric Arlix
Écrivain et co-éditeur des éditions JOU.
http://www.ericarlix.net/parcours/

Extraits :

Livre#1
…Niveau 1
Cindy observe deux jeunes militaires en train de manger, ils semblent affamés et bruyants, elle note cela dans son carnet, elle essaye de remarquer de petits détails dans leurs vêtements, d’observer des gestes particuliers dont elle espère, plus tard, pouvoir les exploiter pour son récit, est-ce la bonne méthode se demande-t-elle en notant que l’un des deux jeunes militaires semble pourvu de mains démesurées ? Les questions affluent, c’est son premier jour, elle n’a pas de méthode, peut être un atout se dit-elle. Ils continuent leur festin, comment peut-on manger autant d’un coup s’interroge Cindy, elle les imagine arrivant tout droit d’une mission de plusieurs mois en montagne, au Tibet ou ailleurs, isolés, fatigués et survoltés par leur retour dans la civilisation clignotante et la magie de Noël. Elle note cela, des transitions violentes, des téléportations aux effets indésirables, la magie de Noël, s’oublier. Elle commence à avoir faim, elle va sortir d’ici, respirer, manger dans le parc, son bento au fond de son sac, succulent…

Module#2
…Note, anonyme, circa 2029.
La vie appelle la vie. L’humanoïde face à moi a répété cela plusieurs fois. Je n’ai pas relevé la première fois, il venait me livrer et j’avais aussi plus d’une dizaine de colis à lui remettre, nous étions devant la porte de mon domicile, j’ étais concentré sur les procédures à effectuer. C’était comme une sorte de conversation détachée de la nôtre, une conversation supplémentaire, perpendiculaire, augmentée qu’il menait avec quelqu’un d’autre ou avec lui-même. La vie appelle la vie, au moins cinq fois l’humanoïde a répété cette phrase, la dernière fois en fermant la porte de l’ascenseur et en souriant. La vie appelle la vie. J’y repense sans cesse depuis…

Mouvement#3
… La nuit tombe et nous entrons dans un immeuble d’une dizaine d’étages, sans le choisir particulièrement, trop fatigués pour étudier une situation ou chercher plus loin un meilleur endroit. Après une observation sommaire et la découverte de bouteilles d’eau et de barres de céréales survitaminées nous restons dans le hall un bon moment, sans se parler, à observer des distributeurs de boissons et des chaises renversées. Nous entrons dans une grande pièce jouxtant le hall et nous poussons du pied quelques cadavres pour nous écrouler sur des canapés aussi tuméfiés que nous, nous nous endormons immédiatement dans nos cauchemars réels.

Au petit matin c’est le ronronnement pourtant presque silencieux d’un hélicoptère qui nous réveille, nous restons immobiles pour ne pas être détectés, nos douleurs se réveillent avec nous, une envie d’hurler que nous contenons pendant quelques minutes. Nous les entendons passer lentement pour scanner précisément la ville, le moindre mouvement est analysé en direct, ici et ailleurs, leurs technologies sont puissantes. Nous sommes des survivants immobiles pour quelques instants encore…