On a entendu et écouté des extraits lus par l’auteur, Luc Bénazet, de Soleils d’artifice récemment paru aux éditions P.O.L, à l’occasion du lancement du livre le jeudi 13 novembre dernier à la librairie parisienne Centrale.
Parce que l’on n’existe pas, on choisit ici de cantonner cette chronique à la première partie du nouveau livre de Luc Bénazet. Celle-ci s’intitule « Le travail de la normalité ». Et elle est inédite. Inédite dans le sens où si l’on lit ou on a lu les autres livres de Luc Bénazet on perçoit que quelque chose est à l’œuvre. Redondance : Le travail de la normalité, sans doute celle si merveilleusement analysée par Canguilhem. Parenthèse: Au passage on se dit que Luc Bénazet a à être un auteur heureux tant l’ouvrage est fabriqué avec soin, à l’instar de ces livres des éditions P.O.L encore cousus, à la couverture si sobre et à la quatrième de couverture extraite du texte faisant en sorte que l’on est quasi certain d’être en agréable compagnie.
On lit, page 10 :
« La normalité se constitue par coulées successives entre lesquelles on trouve des intervalles. »
On écrit « Badiou » en marge.
On lit, page 12 :
« Quelle est la fin du malheur historique
lorsque je parle ?
Donc j’arrête. C’est moi qui
arrête. La parole &
Son cours. […]
l’alcool à brûler. Des
à venger. »
Ah oui
on ne cherche d’équivalent
ni chez Canguilhem
ni chez BadYou.
Ici on se dit que l’on remet en cause ce que l’on avait écrit. On ne se cantonnera pas à la seule première partie. On écrira aussi quelque chose des deux autres parties.
Page 20, on lit :
« […] Nos vies le savent. Qu’est-ce qui
manque ? Nos vies ne le savent pas.
Et puis. »
Page 39, on lit :
« Privé de signes même douloureux même
tordus. Aucune voie de circulation ne se
[…] »
Cette première partie est composée en cinq parties. Sa dernière page, poème à part entière évoque : alliances successives, mésalliances… Le poème confirme que l’on ne cherche d’équivalent ni chez ni chez.
La deuxième partie du livre a donné son titre au livre. La langue, singulière, la plus courante de Luc Bénazet s’y déploie. On est surpris, parfois, d’osciller entre description et didactique (II, page 61). On poursuit, page 75 : « les fusée e s sont tirées à l’horizontal e ». Enfin, « Une mémoire à forme double » est une troisième et dernière partie. On y pré-lit : « La guerre est sans merveille ». Assurément. Peut-être est-ce une partie du livre en inquiétude: « Par la cruauté et la terreur exercée donc, des personnes vivantes auront anticipé leur mort » (page 89). Et puis, la vérité presque surgit in fine: « Si c’est une vérité » (page 92). Enfin, encore, on ne lit pas mais, peut-être, l’on songe : phénoménologie, et perception : « Le doigt est fantôme » (page 93).

Sans pub, sans subvention, en accès libre, TINA online est financé par les dons à partir de 1€ sur cette page >>>>> merci