Description
Espedite
Littérature
Format 13 x 20 cm, 128 pages
isbn : 978-2-492628-15-3
à paraître le 13 octobre 2027
Guerrir du vivant
Une mise en abîme des dystopies militaires pour servir une fable éco-politique féministe queer et anti-militariste.
En 2035, une équipe d’experts en stratégie militaire est chargée d’anticiper la pire des attaques terroristes, celle de la propagation incontrôlée d’un champignon toxique se diffusant du vivant aux réseaux numériques et des réseaux numériques au vivant. Le scénario est efficace, tout le monde y croit, au point tel qu’il provoque la panique. Afin de reprendre la main sur son propre storytelling, l’armée échafaude un nouveau scénario, celui d’un groupuscule terroriste constitué de femmes recluses dans la forêt dont le mode de vie sous-terre est propice à l’éclosion de mycoses virales et létales. On confie à une jeune policière ayant servi dans les unités de maintien de l’ordre la mission d’intervenir auprès d’elles, vêtue d’une combinaison lui permettant de retranscrire ses faits et gestes sur les écrans de milliers de followers. Mais la jeune femme, à mesure qu’elle progresse dans les sous-bois, est rattrapée par les souvenirs de son enfance, alors qu’elle grandissait au milieu d’une des dernières communautés paysannes autonomes.

Espedite
Espedite est le pseudonyme de l’écrivain Nicolas Tainturier Tomasini (né en 1978, installé en Corse après des études de philosophie à Paris) ainsi que le nom d’un projet littéraire d’abord pluriel, inventé avec Bérangère Cournut et Benoît Virot en 2011, puis personnel, engagé dans une littérature résolument hétérotopique.
Parutions :
Utérotopie, Actes Sud, 2023
Cosmétique du Chaos, Actes Sud, 2020
Se Trahir, éditions Le passage, 2017
Les Aliénés, C. Lucquin éditeur, 2015 (Babel 2023)
Palabres, Le Nouvel Attila, 2011
Extrait
Je m’oublie dans l’affût, je suis les lignes de mire, l’amnésie à chaque pas. L’aube moite avive mon absence. Je me fonds dans la lumière naissante. Les chênes verts font corps autour de moi tout en décharnant les sols : leur épaisse frondaison et leurs racines profondes ne laissent aucune chance aux autres essences. Rien ne pousse ici. Un tamis de feuilles mortes, quelques monceaux de branches desséchées çà et là, des ronces étiques. À plusieurs reprises, je manque de glisser dans la poussière malgré mes boots intelligentes. J’évolue ainsi entre deux eaux, portée par des courants et des flux qui donnent à la sylve au-dessus de ma tête des airs de marée océane. La pluie est tombée. Je l’ai à peine sentie.
Les voix dans mon casque se sont tues. Il y a de l’attente dans ce silence. De quelle histoire suis-je la colporteure ?
Photo de couverture : Kyle Thompson, Somewhere else, Limbs, © agence VU
