Car du vide de ma bouche est née une épée

11.00

Rachel Adalbald, Car du vide de ma bouche est née une épée
96 pages, 11 euros
978-2-492628-16-0
à paraître le 13 octobre 2026

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Description

Rachel Adalbald, Car du vide de ma bouche est née une épée
96 pages, 11 euros
978-2-492628-16-0
à paraître le 13 octobre 2026

Car du vide de ma bouche est née une épée
Ce texte s’ordonne autour de quelques motifs centraux comme le devenir chien.ne (au sens de Deleuze et Guattari, un travail sur soi qui nous emmènerait par-delà le sujet que nous sommes, une façon d’instaurer d’autres rapports au monde), parfois, on croit qu’on aime des gens, et parfois, on croit qu’on n’aime personne, comme la réinvention de ce qu’on essaie d’être à travers les fictions qui nous inondent. On dit « je » et parfois on chante, mais on chante des chants émanant d’une personne qui serait restée trop longtemps les yeux rivés sur son smartphone, les chants d’une personne qui se soulage dans son bain, les chants d’une personne qui lève sa canette de soda lorsque le ciel devient mauve. En outre, je crois que ce texte se présente aussi comme une ironie poétique. Poète.sse, mais pas trop. Poème, mais en rigolant. Une façon de déclarer à la poésie : « oui, je t’aime, mais détends-toi un peu ». Il faudrait voir les différents poèmes comme les diffractions d’un même tout, les pièces d’un même puzzle. Pour autant, tout poème ne répond pas à tout poème.
C’est un texte adressé, mais le « tu » et le « vous » auxquels il s’adresse ne sont pas fixes. Je conçois ce texte comme une confession, et un récit d’aventures qui mute à la vitesse de son personnage. Un chuchotement spontané dans l’application dictaphone. « Je » explosé avec le décor. « Je » qui décolle, fuit, défie l’amour, décroche les tableaux de famille, se défigure au fur et à mesure — d’un visage l’autre.

Extrait :
ceci est un livre

je suis un·e chien·ne qui n’aime pas les livres, un·e chien·ne qui les mord et les déchiquette et les réduit en morceaux, ouais,

un iench qui prend les devants, qui n’obéit pas, qui étrangle les arbres avec sa laisse

(déso les arbres)

et qui court, loin loin, jusqu’à disparaître dans la forêt, jusqu’à croire que je disparais totalement dans la forêt, jusqu’à ce que ma disparition devienne réelle, une véritable disparition de chien·ne, un tour de magie, abrararacadabra passe-passe

et lorsque vous ne regardez plus

lorsque vous ne voyez plus que la forêt vide (ou la forêt pleine de ma disparition)

je reviens et je

(pète vos verres de mojitos)

*

la plupart du temps,

je suis pas 100% sûr·e de ce que vous dites

chien·ne sous le soleil, chien·ne qui ne tient pas en place, chien·ne qui miaule et qui se rappelle que ce n’est pas là son cri, chien·ne qui revient trois mille pattes au galop vers qui l’aime (un peu)

et qui attend qu’on l’adoube d’un : bien ouej, mon loup

*

on apprend à dire : c’est pas grave

même quand on pleure même quand on veut se planter des branches d’arbre dans les yeux les oreilles : c’est pas grave

et c’est aussi dire : vous ne voyez pas tout le sang qui me baigne

il n’y a pas d’ombre sur la mer

pas d’ombre sur la mer

c’est pas grave

*


Rachel Adalbald

Rachel Adalbald porte des sacs à dos et agite souvent la main sans que l’on comprenne ce qu’elle veut signifier. Elle est née avant l’an 2000. Elle lit des mangas et lit Bolaño et récite Artaud dans la rue – et la liste est assez longue, mais on va la poursuivre encore un peu –, elle boit du café et voit des films et glande dans les théâtres : parce que cela rend la vie plus cool.

Publications
Capitule, mirage !, éditions bozon2x, 2023.
Ras les gloses, éditions Sans escale, 2022.

Publications en revue
2021
– N°40 Dissonances : Conflis, Courtoisie
– N°1 L’air de rien, 777
– N°1 Imago, Sanctus
2022
– N°43 Dissonances : Trans, Transplantation du cœur sacré
2023
– N°1 Olga, Statistiquement parlant, quelles sont les chances d’ouvrir une boîte aux lettres avec les pieds ?
2025
– N°4 Olga, Parce qu’au commencement était le rêve

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Événements, rencontres, lectures à venir :
14 février 2027, Évènement Love me tender, Cave Po’, Toulouse.

Informations complémentaires

Dimensions 17 × 11 cm