Inflamed Invisible

23.00

David Toop
Essai
Format 13 x 20 cm, 350 pages, 23 euros
isbn : 978-2-492628-05-4
à paraître en mars 2023

Bientôt disponible

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Description

Recueil de textes sur l’art et le son (1976-2018)
Dans les années soixante-dix David Toop était travaillé par l’idée que la musique puisse ne plus être contrainte par le formalisme d’un auditoire : les applaudissements, les huées, les capacités d’attention limitées, les exigences de gratification immédiate. Envisager le son et l’écoute en tant que pratiques fondatrices en soi emmène la musique vers de nouveaux territoires : extension du temps, nature sauvage, écrans de vidéo surveillance, sculptures chantantes, météo, méditations, vibration et résonance intérieure des objets, communications inter-espèces, modes d’emploi, actions silencieuses, et art de la performance. Toop cherchait à documenter les aspects singuliers et mal connus de ces recherches de son point de vue de praticien et d’auteur. Le défi était d’y parvenir sans être ramené au domaine de la musique en reconnaissant néanmoins la vitalité et l’hybridité des musiques du vingtième siècle qui approchaient galeries d’art, musées, et installations in situ. Toop s’est concentré sur les praticiens, dont les histoires sont aussi fascinantes que les implications théoriques et abstraites de leurs œuvres. Inflamed Invisible rassemble plus de quatre décennies d’essais, de critiques, d’interviews et de textes expérimentaux. Ce recueil est une exploration des strates sonores qui sont à la croisée des préoccupations sensorielles, intellectuelles et philosophiques, couches à travers lesquelles les objets, pensées et l’air même s’animent comme l’embrasement de l’invisible.

Traduction Sophie Couronne avec la collaboration de Valérie Vivancos.

David Toop est musicien, écrivain et professeur émérite au London College of Communication. Il a publié Rap Attack, Haunted Weather, Exotica et Ocean of Sound, publié en français en 2001 aux éditions de l’Éclat et dont la version poche est parue en avril 2022. Il a enregistré de nombreux disques depuis 1975 et a collaboré avec des musiciens tels que Brian Eno, John Zorn, Jon Hassell, Derek Bailey, Evan Parker, Scanner, Ivor Cutler, Haruomi Hosono, Jin Hi Kim ou Bill Laswell. Ses écrits sur la musique ont été récemment rassemblés sous le titre Inflamed invisible (2019 Goldsmith Press, London), à paraître en français en mars 2023 aux éditions Jou.
https://davidtoopblog.com

Extrait :
Sons persistants :
pour l’exposition de Danny McCarthy – Beyond Silence: A Bell Rings in an Empty Sky,
(Au-delà du silence : une cloche sonne dans un ciel vide)
Crawford Art Gallery, Cork, 2017
Probablement en 1975 ou 1976, seul chez moi depuis quelques jours, je réfléchissais, en silence, dans un état de souffrance émotionnelle. Une relation longue et sérieuse était en train de prendre fin, avec tous les contrecoups de déchirement, d’angoisse, de solitude et de bouleversements à venir qu’entraînent en général de tels évènements. La neige était tombée dans la nuit. La blancheur du jardin semblait une projection de mon état mental et c’est peut-être pour cela, pour approfondir cet état, ou pour l’apaiser, que j’ai mis sur la platine le célèbre disque de shakuhachi de Gorô Yamaguchi, A Bell Ringing In the Empty Sky. L’enregistrement a été réalisé à l’époque où Yamaguchi enseignait le shakuhachi à des étudiants américains à l’Université de Weslyan, Connecticut, vers 1966-7. Comme l’écrit Clive Bell, le jeu de Yamaguchi est « élégant et cool au point d’en être froid ». Mon souvenir de ce moment est suffisamment précis pour me rappeler cet aspect froid, et ce qu’il ajoutait à la gravité de la situation. La pochette du disque a également joué un rôle : « … le merveilleux psychédélisme monochrome de la pochette de l’album, » comme dit Clive, « où une grue en vol semble traverser la coiffure d’une geisha. » On y voit en effet deux geishas, deux grues, dans un océan de blancheur (ou un ciel), où la cloche du titre sonne implicitement. Alors que les cloches européennes ont tendance à avoir une base évasée, le sommet des cloches bonshō japonaises a des côtés arrondis puis descend en ligne droite ou incurvée vers l’intérieur jusqu’à sa base. (Comme le Bouddha assis). Cela explique peut-être la qualité de leur son, plus doux, plus pénétrant, assez pénétrant pour être entendu depuis les Enfers.

Informations complémentaires

Dimensions 20 × 13 cm