Quelqu’un ouvre les yeux. Quelqu’un voit. Quelqu’un pense. Quelqu’un part ou revient. Quelqu’un reste. Quelqu’un va parler. Quelqu’un parle. Et ce sera toujours quelque part.
2019-2025 – Brasilia et environs, Camille Ruiz Je ne sais jamais à l’avance quel détail s’enroulera jusqu’à former le fil où commence le texte, ni quel angle donnera une photo intéressante. Dans le doute, j’en prends beaucoup, je note beaucoup, je trie parfois, dans un second temps. Souvent, ce ne sont pas les photos que j’aime en premier qui m’interpellent, des mois ou des années plus tard. Mon regard change, les images changent elles aussi, et la matière du texte ne rejoint presque jamais celle des images, même si les deux relèvent de la prise, du hasard quotidien, du carnet. Il y a le flou broussailleux du cerrado et la lumière qui traverse ou ne traverse pas, les courbes des fruits et celles du béton, des manières de déambuler ou d’occuper, de regarder par terre ou vers le ciel trop chaud. Ensemble, image et texte forment un corpus étrange, parfois disparate, parfois répétitif, que j’appelle « les journaux brésiliens », même s’ils n’ont rien de journalier. C’est en quelque sorte une trace que je garde du fait de vivre ici, à Brasilia, plutôt qu’ailleurs, et de voir ce que je vois, plutôt qu’autre chose.
Camille Ruiz vient de publier Un chien arrive, aux éditions Corti.
Augures, 2017-2024 (extrait) par Marine Calamai Des slogans inspirants parsèment la place publique, se déployant sur les vêtements des passants. Les images qui les documentent sont prises sur le vif, au fil de mes déplacements dans les rues de Shanghai. Bon marché, non affiliés à des marques identifiables, ces vêtements sont fabriqués dans des usines locales. Des textes, rédigés dans un anglais parfois maladroit, y sont imprimés comme des motifs presque aléatoires. Ils se veulent pour la plupart encourageants, prodiguant des conseils de vie ou d’autres déclarations souvent de bon augure.
Marine Calamai vit et travaille à Shanghai –> IG @shanghai.oraculum
Portable Sculpture, 2024-2025 (extrait), par François Trézin La camionnette JinLong est stationnée. Une grande boite noire en tissu est déployée. Un fond en patchwork d’emballages argentés est installé et des flashs sont mis en place. Les sculptures sont à disposition sur une table devant le studio itinérant. Les gens approchent, choisissent des objets. La prise de vue commence. On joue le jeu et on repart avec un tirage papier de son portrait.
Invisible cities (extrait, Guangzhou 2025), par Tanguy Beurdeley Invisible cities, fait référence au roman de Italo Calvino (1972), qui explore l’imaginaire à travers la description de villes non-existantes. Le titre m’est apparu en 2017 à Shanghai , imprimé sur le t-shirt d’un passant que j’avais photographié. C’est depuis devenu un leitmotiv de mes explorations urbaines, en Chine ou ailleurs.