LIFE IS A BEAUTIFUL SPORT — ce sont les mots d’un crocodile.
Dites-le leur, à EUX. (Il est vrai qu’il est bon de savoir nager)
À FROID 1 & 2
1. Des années liberté nous n’avons retenu que la liberté : FLAVOUR-Power. 2. Découpées sous vos yeux !
PETIT MORCEAU DE SAGESSE
La machine m’imitant, (elle imite, me dit-on, mes automatismes) nous pond un best-seller. Moi qui avec ma colle et mes ciseaux, imite la machine, je meurs de faim. (C’est une image) Et donc la machine pour être bon élève, est mauvais professeur.
LES FAUSSES RETROUVAILLES (Captation.)
Soudain il fut là, dans la pièce du fond, puis plus rien.
« — Il dort si profondément » dit-elle, l’air de s’excuser. Comme parlant d’un enfant ou d’un mort.
LE CORPS D’UN FILS (Poème de 2015. J’ai plus la réf. La fin m’évoque certains discours actuels de chrétiens fondamentalistes américains.)
Parce que Xavier, dit-elle, « n’arrête pas de lui redorer le blason » — Faudrait pas nous refaire le coup du camp du Bien « Il veut racheter les banlieues, Mais les banlieues Elles sont pas à vendre » Ironise une autre voix, d’homme, accent double-tranchant (cette idée de rachat)
L’Archange se nomme en sept langues Trois Relativités Et quatre théories quantiques Plus tard À Jérusalem Le Centre d’Accueil Universel organise une grande concentration de Foi On bouge des rues, arase des maisons Retient des corps Afin de faire que le Mystère eschatologique se déroule Comme prévu Au lieu-dit
LA LITTÉRATURE
Tout va trop vite pour la littérature Tout va trop vite, et ne va nulle part Les associations se font et se défont Sans rimes ni raison Tout va trop vite pour la littérature Les morts vont vite et sont les premiers En littérature
L’automatique a découché Déserté l’inconscient Piétiné l’Un conscient Piétiné la déraison Comme la raison raisonnable Tout va tellement trop vite Reste la littérature, sur le bord du chemin La douleur d’une bête ― une coupure de courant
Légendes images FM 2025. Film publicitaire Lacoste, 2019. Entrée « cut up » sur le site de traduction Lingoland. Andromaque pleurant Hector, Domenico Cunego d’après Gavin Hamilton, 1764.
Il est flic. Il prend sa moto. Il monte dessus et il roule. Il rentre dans la caserne. Il gare sa moto. Il ne sait plus où sont les mots. Les vrais. Ceux qu’on devrait employer. Il ne sait pas. Parfois il dit Gare, parfois il dit Range. Il sait pas trop. Quel est le meilleur des mots, il doute. Il dit comme sa mère qui ne savait pas trop les mots. Sa mère connaissait des mots, mais pas les bons. C’était jamais les bons mots qu’elle disait. Il faudrait connaître les bons mots pour une fois. Un jour, se dit-il, un jour je connaîtrais les bons mots. Pas comme ma mère qui connaissait que les mauvais. Ma mère avait toujours un mauvais mot pour lui. C’était lequel déjà. Il ne se souvient plus. Quand il ne se souvient pas d’un mot, c’est mauvais signe. Ça veut dire qu’il a changé quelque chose dans son mode opératoire. C’est comme un criminel. Un criminel dans la police. Un criminel dans les mots. Il a ses modes opératoires qui diffèrent. Il oublie les mots quand ça va mal. Quand ça ne va pas trop bien, il sait plus rien. Et quand ça va trop bien, il connaît le bon mot, mais c’est louche. Et là ça allait mal entre lui et sa mère. Il avait fait une connerie et sa mère avait utilisé un mot pour le décrire. Elle avait lancé ça comme un coup de ceinturon. Ou plutôt comme une serpette. On entendait le mot cingler dans l’air. Il fendait l’air et l’esprit ce mot qu’avait jeté sa mère. Elle lui avait lancé en plein visage. Ça lui collait dans la tête, mais à force ça s’est décollé. Il ne savait plus le mot qu’elle avait prononcé. Sa mère avait lancé un mot comme un lanceur de couteau, et sans qu’il s’y attende il avait reçu cette étoile de Ninja en plein front. Elle s’était peut-être trompée de mot, mais en fait elle avait utilisé le bon. C’était le bon mot pour le tuer, lui, même si c’était injuste, tout à fait disproportionné. Sans doute lui avait-elle balancé un Petit sadique, ou quelque chose dans le genre, sans qu’il ne puisse rien dire, rien penser. Il pensait à ça, cette erreur de définition qui avait marqué son correspondant. Ce n’était pas comme cet écrivain qui cherchait aussi le bon mot, mais ne le trouvait pas et ne se serait pas aventuré à en balancer un autre au lecteur lambda. L’écrivain avait perdu le mot, il le cherchait depuis le début de son livre et personne ne pouvait l’aider. On a fini par savoir que c’était le nom d’un communiste. Il avait oublié le nom, parce que lui n’était plus communiste, ou alors il était encore communiste mais avait maintenant une vie de bourgeois. Un bourgeois qui boit du Chianti d’après l’auteur du livre. Et les bourgeois qui boivent du Chianti ne peuvent plus se souvenir du nom d’un communiste. Peuvent-ils même se souvenir du mot communisme. Le mot communisme est pour eux un vieux nom oublié.
Il rentre dans sa caserne. Il est flic. Il a un collègue. Le collègue s’enferme dans le local des archives où il y a la machine à café. Le collègue s’enferme avec sa collègue. Le collègue boit le café avec la collègue dans la salle où il y a la machine à café. C’est aussi l’endroit où on fait les PVR. Le PVR ça veut dire Pain-Vin-Rillettes. C’est une région où on fait des rillettes. Le collègue blague devant sa collègue, il dit que dans cette région il y a des champs de rillettes à perte de vue. Lui et sa collègue doivent amener le PVR pour toute la brigade. La brigade tous les vendredis matin à 10 heures attend le Pain-Vin-Rillettes. Et lui et sa collègue, avant d’aller chercher les rillettes et le pain et le vin au supermarché, ils passent chez lui et lui il montre la chambre à coucher à sa collègue. La chambre où ils dorment, lui et sa femme. Et là le collègue il veut coucher avec elle, mais ils n’osent pas. Et puis après ils vont chercher le PVR pour les collègues. Les collègues trouvent qu’ils mettent trop de temps pour amener le PVR. Les collègues s’impatientent. Tous les vendredis matin c’est le PVR, à 10 heures tapante. A 10h la brigade fait une pause. Au PVR tout le monde boit du vin, mange du saucisson et des rillettes. Il y a aussi des cornichons. Tout le monde prend du fromage avec du pain et discute. C’est comme ça tous les vendredis. Tous les vendredis c’est PVR le matin et grand nettoyage des bureaux l’après-midi. Tout le monde est détendu et en tenue de sport. Et tous les vendredis c’est le collègue et la collègue qui vont chercher le PVR et qui passent avant chez lui pour regarder le lit de la chambre où lui il dort avec sa femme. Sa collègue regarde longuement le lit et lui il regarde longuement sa collègue, puis ils vont chercher le PVR et arrivent en retard. Les collègues s’impatientent. Le capitaine s’enferme ensuite dans son bureau. Après le PVR le capitaine s’enferme dans son bureau pour dégueuler. Les autres vont bouffer au mess des sous-officiers. Tout le monde va au mess et en passant demande au capitaine s’il vient manger. On va tous manger au mess, capitaine, vous venez au mess ? Ils entendent le capitaine dégueuler à sa fenêtre. Les collègues toquent à la porte du capitaine. Ils lui disent qu’ils vont tous manger au mess, ce qui le fait encore plus dégueuler. Il est coincé dans son bureau. Tout le monde écoute à la porte et l’invite au mess. Tout le monde rigole discrètement. Le capitaine leur dit qu’il préfère rester dans son bureau. Tout le monde va à la porte écouter dégueuler le capitaine. Il a trop mangé de pvr et surtout bu trop de vin. Et pas que du vin, mais aussi du Ricard. Le capitaine fait des mélanges et il n’a pas l’habitude, les sous-officiers l’ont piégé. Alors après il part dégueuler dans son bureau pendant que les autres rigolent au mess. Nous ne pouvons plus être des communistes car nous sommes des malades. Nous sommes malades de nos années. Toutes nos années sont des années de malades. Nos années 2000 et nos années 90. Nous sommes malades de toutes ces années et de toutes les autres. Nous sommes malades des années 80. Nous regrettons les années 80. Nous regrettons les années 70. Nous sommes malades des années 2010. Des années 90, 80 et 70. Nous sommes malades des années 60. Nous sommes des grands malades des années 50. Nous avons toujours été des malades, car nous regrettons les années de notre asservissement. Nous avons été asservis pendant des années et nous regrettons cet asservissement.
Il veut tout savoir. Il est flic. Il fait le grand nettoyage. Tout le monde est cuit dans sa caserne. Lui il nettoie, à grandes eaux les mots. Le grand couloir de la brigade, il y fait les quatre-cents pas. Il va d’un bout à l’autre, il déverse plein de mots dedans. Puis il prend la grande raclette. C’est comme sur le bateau, il dit ça. C’est comme quand il était sur le bateau. Le grand nettoyage. Quand il voguait sur le bateau. Quand il était marin. Maintenant il est flic. Il n’est plus marinier. Ça lui rappelle cette chanson. Mais il en préfère une autre, où il est question de poisson. Il aime bien chanter pendant qu’il nettoie. Il croit ça, il croit qu’il aime chanter. Alors il écrit des chansons avec les conversations. Il note les conversations des collègues. Il aimerait aussi les entendre chanter. Personne ne chante dans la caserne, sauf pour donner le ton dans le peloton. Le peloton d’intervention. Ou pour les chants de bivouacs, la popote. Des chants de popote, voilà plutôt ce qu’il sait écrire, lui.
Il est flic, il fait sa communion. On lui fait cadeau d’un magnétophone. Il enregistre tout le monde. Tonton Aimé chante une chanson pendant la communion, ainsi que Tante Ray qui chante Le temps des cerises. Tonton Gérard pelote les seins. Tonton Jean caresse les cuisses. Tonton Henri fume du gris avec tante Francine et tante Charlotte. Tante Marthe rigole et dit C’est pas dieu possible. Il est flic il a onze ans il enregistre la télé. Il enregistre les chansons du film Help et il se met face au mur de la cuisine. Il est maintenant face au mur et met en route le magnétophone pour faire Help. Il est flic, il chante Help devant le mur de sa cuisine.
Nous venons des voix qui habitent un pays sans nous.
Il est flic (extrait d’un texte en cours à paraître en 2026 chez P.O.L.) photo Charles Pennequin en lecture https://www.charles-pennequin.com/
Le terme « complexe » est extrêmement suspect — DOULEUR : voir plus haut.
* La pasigraphie désigne un projet de création d’un langage universel (écrit) d’abord théorisé et partiellement mis en œuvre, à la veille de la Révolution, par Joseph de Maimieux. Fondé sur le postulat de l’universalité des concepts, son système prévoyait aussi la création de signes destinés à signaler préventivement toutes velléités d’humour ou d’ironie.
Elle se dresse – notre barricade – BRR35 Au sommet nous retrouvons notre place, bannis de Klepta et emprisonné en son sein – Elle se dresse – BRR35 – suffisamment élevée pour que l’odeur de la rue, amère, pleine de rancune et de disparition, ne nous renverse pas – Pleine lune, Chiene et moi crions ça sort de nos cous Nous échangeons nos yeux Je vois avec mon nez ma fourrure tout devient sons formes et odeurs Je souhaite être digne de Chiene, sans Chiene je serai morte depuis longtemps il n’y a que Chiene pour évaluer les risques tromper l’ennemi supporter l’attente si nous triomphons ce sera grâce aux Chienes – Je me demande comment va Cyclope elle me manque elle nous manque si je pouvais caresser son duvet si je pouvais l’entendre j’espère qu’elle va bien, aucune nouvelle depuis plusieurs ères – Où sommes-nous ? Existe la possibilité d’un échec Total – Dans cet horizon absolument vide Absolument – Vide – D’où viendront-ils et quand et combien, et surtout qui sont-ils Et de jour en jour Pourquoi
La nuit ne nous fait pas fuir – le ciel nous recouvre Sous sa couverture nous nous endormons Pelage léger frissonne la drogue se diffuse nous n’aurons jamais peur nous n’aurons jamais faim La drogue synthétique synthèse de toutes les drogues de toutes les guerres depuis le cidre des ancêtres en passant par les lsd du vietnam les amphèt d’irak nous sommes gonflés à bloc go.pills.go – Pleine lune à moitié somnolente les dunes fondent autour de nous Les cendres tout ça Nous ne bougeons pas, moi non plus Je regarde à l’intérieur de la gélatine des yeux des images s’invitent et disparaissent il ne faut pas laisser passer trop de temps immobile Je dois traverser la perspective et m’éloigner –
Les yeux fiévreux et sur le qui-vive Chiene me distance m’entraine dans sa course maximum mes pieds glissent si vite je la rattrape nous prenons l’élan nécessaire à s’envoyer au sommet de la BRR33 C’est la nuit et pourtant les salopards de phares crèvent l’obscur nous mettent en danger dans leurs grincements tournoiements Je repousse mes manches de poils ce simple froissement me fait sursauter Les bruits se mettent à courir les cris les ombres les flèches Courir courir le long des crêtes des BRR nous nous mettons aussi à courir À l’aube Nos truffes trafiquent La terre Cherchent l’eau ses perles
Soit terriblement chaud soit terriblement froid qu’importe La peau cirée de nos enveloppes supporte toutes variations C’est simple de ne pas mourir les siècles précédents accumulent morts de froid morts de chaleur À présent conditionnées adaptation totale il n’y a plus rien à disparaitre ici Plus de végétation plus d’oxygène plus de procréation n’existe que l’attente naturelle comme la catastrophe Nous ne savons plus faire la différence entre le proche et le lointain Entre hier Aujourd’hui Demain Notions nulles et non avenues seule compte la traque Askari wa kifaru sur mes épaules De son bec rouge lance les alertes Crie ma sentinelle, Merci Chiene et moi luisantes de cire Lavées d’eau chaude modelés Par des mains anonymes Nos os de glaise jusqu’à la perfection IA + IH + ANIMAL Échanges des dernières ressources des derniers savoirs c’était à la fin du XXIe nous avions volontairement fournis toutes nos données Je suis, par le cœur, un bras, un œil et les hanches, humaines Par le reste, artificielle Par chance animale pour les sens Végétale pour la soif la reproduction Ce qui ne s’était pas perdu, de mutation en annihilation : la résistance
le fait médias du jour c’est ce rapprochement entre CASH NEWS et TRASH INFO
vous le savez certainement on vous en parle depuis des semaines CASH NEWS serait prête à signer un très gros chèque à son concurrent direct pour devenir le distributeur exclusif des prochaines attaques terroristes qui surviendront en France dans les dix prochaines années
le rapprochement des deux meilleures ennemies du Paysage Audiovisuel Français est d’abord une alliance économique
un accord de distribution ce n’est pas un simple rachat cela signifie que CASH NEWS et TRASH INFO resteront des entités bien distinctes
elles garderont leur dispositif d’antenne en l’état mais conserveront surtout leurs droits sur tous les événements dramatiques qui se dérouleront en France jusqu’en 2032
notamment les prises d’otages et les meurtres de masse enjeux majeurs dans la guerre pour la diffusion des images
ce rapprochement n’est donc pas synonyme d’une centralisation des drames sur l’une des deux antennes chacune restant propriétaire de ce qu’elle possède déjà
CASH NEWS étant devenue le seul média habilité pour accompagner en continu les forces d’intervention lors des assauts menés contre les terroristes
TRASH INFO demeurant quant à elle la seule chaîne autorisée à investir avec ses caméras tous les lieux pris pour cible lors d’un attentat
pour bénéficier de l’offre la plus complète possible le téléspectateur devra donc continuer de s’abonner à la fois à CASH NEWS et à TRASH INFO
il lui faudra simplement utiliser plus souvent sa zappette pour ne rien manquer des événements diffusés sur l’une ou l’autre chaîne
une gymnastique donc
ce qui va changer en revanche c’est le prix à payer aujourd’hui un abonné doit débourser 50 euros pour accéder au bouquet de CASH NEWS quant un abonné à TRASH INFO dépense environ 35 euros en moyenne
si vous êtes totalement accro et que vous avez souscrit aux deux offres faîtes le calcul
avec ce rapprochement ça devrait donc changer pour le téléspectateur et plutôt dans le bon sens pour une fois
hier Business Magazine a annoncé que CASH NEWS devrait proposer une offre couplée à la baisse autour de 60 euros par mois la chaîne câblée ne pourra pas obliger le téléspectateur à s’abonner à son service si ce dernier veut seulement pouvoir regarder TRASH INFO
en effet si CASH NEWS devient le distributeur exclusif de la chaîne cela signifie seulement qu’elle empochera le montant des abonnements qu’ils proviennent de ses propres abonnés ou des abonnés à d’autres fournisseurs d’accès à Internet
c’est un point essentiel un point sur lequel l’autorité de la concurrence sera particulièrement attentive elle veillera notamment à ce que ce rapprochement ne soit pas synonyme de vente forcée
le dossier est actuellement sur le bureau de l’organisation anti trust qui se prononcera bientôt sur la faisabilité ou non de cet accord et en premier lieu sur la position de monopole de cette nouvelle entité
si vous additionnez les droits pour la couverture des attentats détenus par CASH NEWS et ceux détenus par TRASH INFO cela représente 95% de l’offre totale de programme Hard News à la télévision
une situation inédite qui inquiète les vidéastes amateurs ainsi que tous les utilisateurs de téléphone mobile témoins bien involontaires de ce type d’événements qui négociaient en direct et jusqu’à présent leurs droits avec les diffuseurs
ces derniers peuvent donc craindre légitimement la fin d’une surenchère effrénée qui leur permettait malgré des circonstances ô combien douloureuses de surmonter quelque peu leur traumatisme par une rentrée d’argent souvent conséquente
pour réaliser cette opération rappelons que CASH NEWS serait donc prête à débourser une somme énorme environ sept milliards d’euros sur 10 ans un investissement colossal qui n’a qu’un seul objectif promet-on à la direction de la chaîne
enrayer l’hémorragie du nombre de ses abonnés
Stress
je suis resté actif sur le serveur 46 heures sans dormir mes parents n’y ont vu que du feu j’avais pas le choix à cause de la pandémie il y avait des milliers de joueurs en ligne au même moment fallait que j’assure debout devant l’écran deux jours d’affilée pour éviter les bugs gérer administrer ça m’a créé beaucoup de stress mais contrairement à ce qu’on dit ce n’est pas si mauvais le stress c’est comme un chien de garde il aboie nous tient éveillé on a besoin de lui sans le stress l’espèce humaine aurait disparu depuis longtemps
Kebab
les binoclards et les youteubés ça le saoule les obèses qui militent contre la grossophobie les trans les homos ça le saoule encore plus ceux qui postent des vieux mèmes sur les forums des vidéos de chatons avec des expressions débiles les mythos qui s’inventent une vie les arrogants ceux qui pleurnichent ça le saoule puissance 10000 y’a bien quelqu’un qu’il supporte à la limite c’est Hamza le turque aux cheveux curly du kebab au coin de la rue il ne l’aime pas non plus mais c’est le seul qui s’intéresse à lui
quand je ne suis pas en train d’enregistrer des tutos bien-être ou beauté je cuisine je tricote je m’accorde une pause Face Time avec mes copines je suis en shooting photo pour un magazine ce qui m’amuse le plus c’est de me transformer en princesse j’ai aussi crée ma propre marque de Lifestyle pour mamans je propose des vêtements à message comme My Family My Team ou Mums Run The World je ne participe plus aux ateliers d’écriture en visio la poésie romantique n’est malheureusement plus dans l’ère du temps la mode actuelle est au Raw Poem des trucs vulgaires qui ne parlent que d’identité sexuelle publiés bruts dans le fil d’actu Twitter une prose si on peut dire au plus près du réel sans retouches ni artifices très peu pour moi
Temps
je vais vous lire les notifications que je reçois sur mon téléphone
elle obtient des orgasmes sans aucun contact à 12 ans il élève des poulets de manière intensive ivre elle quitte son mari en plein mariage pour son beau-frère un cheval au cœur brisé arrive dans une ferme depuis des années un nain psychopathe vivait sous leur toit mes parents sont handicapés et homophobes retrouvez le plaisir de cuisiner une côte de bœuf découvrez le premier teaser de « Rendez-vous hier matin »
n’importe quoi ces vidéos à part la dernière Rendez-vous hier matin il a l’air trop bien ce film je n’en ai vu que des extraits mais j’ai super envie de savoir ce que ça raconte
le résumé en lui-même est déjà canon et puis j’adore les acteurs qui jouent dedans surtout cette meuf-là j’arrive jamais à me rappeler son nom mais je sais que je l’aime bien elle est trop bonne enfin c’est pas que pour ça que je l’aime bien c’est surtout ce qu’elle dégage comment elle envoie chier les mecs en leur balançant leurs quatre vérités une bombe en talons aiguille super sexy qui clashe les mâles blancs hétéros dominants j’adore ça flingue
bon après c’est qu’un film hein j’ai repéré des trucs qui vont pas dans la bande-annonce des choses qui ont l’air impossible en vrai ça m’empêchera pas de le mater parce qu’il a vraiment l’air bien c’est des détails mais quand même faut que je vérifie dans Google
je rigole parce que ma daronne dit toujours que je répète cette phrase sans arrêt faut que je vérifie dans Google ben c’est vrai en plus on trouve tout dans Google
les voyages dans le temps c’est vraiment ma came depuis que je suis toute petite ça me fascine à fond dès que je vois un documentaire qui parle de ce sujet je suis obligée de regarder
c’est pour ça que je pige pas pourquoi il y a autant d’incohérences dans les histoires du genre le passé c’est du passé et le futur c’est le futur vous êtes d’accord avec moi ? mais le futur dans le passé c’est du présent et le présent ça devient le passé dans le futur non ? comme dans ce film La planète des singes ça se peut PAS ! c’est IMPOSSIBLE !
mais bon Rendez-vous hier matin franchement il a l’air top j’ai quand même bien envie d’aller le voir en salle
ah ouais j’oubliais il y a encore un truc que je trouve zarbi dans les films qui parlent de voyages dans le temps c’est souvent les gens du futur qui rendent visite aux gens du passé rarement l’inverse enfin je crois
bon allez j’arrête de vous prendre la tête de toute manière ce que je raconte c’est vraiment de la science-fiction vu que mes potes et moi on va plus trop au cinéma
Réalité Augmentée
quand on était petit certains jeux vidéos étaient vraiment très glauques et graphiquement faibles
de grands espaces vides des couloirs des tunnels souterrains ou des objets isolés au milieu d’une pièce dégageaient un sentiment de profonde solitude
parfois j’avais cette sensation bizarre que quelqu’un était avec moi dans ma chambre et qu’il m’observait c’était creepy hyper malaisant comme un cauchemar éveillé
les développeurs ne s’en rendent pas compte mais ils sont en partie responsables de nos traumas d’enfance
dans certaines zones on se sentait mal pour de vrai la musique devenait si triste et si stressante qu’on avait l’impression d’assister à son propre enterrement
si je l’avais raconté à mes parents ils n’auraient rien pigé j’aurais fini chez le psy et ça aurait été encore plus flippant
déjà qu’ils s’inquiètent tout le temps pour moi rapport au fait que je vais plus en cours et que je ne travaille pas
c’est compliqué je me vois dans rien trop de choix possibles j’arrive pas à choisir
je vais peut-être m’engager pour défendre mon pays contre les terroristes mon grand frère a fait l’armée j’aime bien leur mentalité tout comme le surpassement de soi autant physique que mental en plus j’ai le sang chaud et je m’y connais aussi pas mal en armes à feu grâce à des films comme Stalingrad Fury Patriot et des jeux du style Call of duty
Jean-Marc Flahaut est né en 1973, à Boulogne-sur-Mer dans le Nord de la France. Influencé par les écrivains de la contre-culture des années soixante et soixante-dix, il est l’auteur d’une quinzaine de livres aux croisées du roman noir, du fait-divers et de la poésie. Il vit à Lille où il enseigne l’écriture créative auprès de différents publics.