TINA Street, une nouvelle rubrique dans TINA online : rue Jean Mazet, Ivry-sur-Seine, France
À l’instar de Google Street, Google en moins, TINA Street scanne la ville au ras des rues. Sans autos et sans robots ce sont des subjectivités incarnées que mobilise TINA.
C’est une rue si courte. 192 mètres. La rue est en forme de demi-cercle d’un angle de 90 degrés entre la Seine et le boulevard du colonel Fabien. La grosse activité de la rue c’était le garage BMW mais il a déménagé. Beau bâtiment pseudo moderniste. Cela ferait un beau centre d’art s’il était possible d’en ouvrir plutôt que d’en fermer.
Des nouveaux bâtiments ont poussé. Vite. Sans plus d’intelligence quand dans les années 60. Un nouveau quartier. Pareil. Toujours pareil. Les humains en boucle.
À part les nouveaux bâtiments, pas d’habitants. Une rue pas encore habitée.
Mais il y a un trésor dans la rue. Une aire de stockage de mobilier urbain parisien. Du lourd, du vieux, des colonnes (Morris ?) dépassent du mur. Pas de sonnette, pas de plaque, pas d’humain.
Un musée, un stock, où j’aimerais bien entrer une nuit pour jouer à Alexandre Lenoir.
La rue Jean Mazet est donc en attente d’activité, d’habitants et de commerces crousty.
Puis la Seine avant que la Marne la rejoigne cent mètres plus loin.
TINA Street, une nouvelle rubrique dans TINA online : rue Toudic, Paris, France
À l’instar de Google Street, Google en moins, TINA Street scanne la ville au ras des rues. Sans autos et sans robots ce sont des subjectivités incarnées que mobilise TINA.
Je préfère le dire tout de suite : je vais tricher. La rue Yves Toudic, qui est presque au pied de chez moi, est très courte : elle s’étend de la rue de Lancry à la rue du Faubourg-du-Temple qu’elle va couper et où elle perd son nom. Mais de l’autre côté c’est toujours la même rue qui continue et qui prend alors le nom de rue de Malte. Elle traverse l’avenue de la République et elle vient buter pour finir sur la rue Jean-Pierre Timbaud. Tout cela fait à peine quelques centaines de mètres. Ça va être mon terrain de jeux, mon parcours de repérage.
Je commence : à droite, un bar à tacos et à gauche « Primeurs de Lancry ; fruits et légumes frais ; fruits et légumes secs ; fruits exotiques ; arrivages journaliers ». Un père et son fils tiennent ce commerce, je les aime bien, affables et d’humeur égale.
Au croisement de la rue de Marseille il y a une boulangerie qui fait un pain excellent et très cher. Toujours la queue devant la porte, des gens aisés du quartier et des japonais, des américains. Ça marche très fort et cela a donné au boulanger l’idée d’ouvrir un restaurant à côté qui s’appelle « Du pain et des idées ».
Au numéro 32, pas de plaque sur la porte. Pourtant je crois savoir qu’il y a dans les étages les bureaux de l’AICA, du CIPAC et peut-être du TRAM…
Un peu plus loin de l’autre côté il y a l’Alhambra. Une salle de spectacles assez récente qui a repris le nom de l’ancien Alhambra Maurice Chevalier, music-hall célèbre qui se trouvait à peine plus loin, dans rue de Malte justement. Mais tout premier Alhambra c’est celui de Grenade, un palais construit au XIVe et XVe siècle, une perle de l’architecture arabe et dont le nom signifie « Château rouge ». On peut même dire d’un bâtiment qu’il est alhambresque, mais oui ça existe cet adjectif.
À gauche de l’entrée de l’Alhambra, il fallait une mosaïque. C’est un Space Invader (ou plutôt une imitation) qui a été collé sur le mur. Tout en smaltes bleus sauf les yeux jaune pâle, la créature semble lâcher sous elle un rectangle de verre bleu : une bombe.
De l’autre côté il y a un laboratoire d’analyses médicales. L’entrée se trouve juste à l’angle, des rues Beaurepaire et Toudic. Lors de la rénovation, dans les années 80 probablement, l’architecte a fait un arc de cercle vitré qui éclaire le hall d’entrée. Ce retrait libère un espace abrité fort apprécié par des gens qui ont pris l’habitude d’y dormir et même d’y rester toute la journée. Depuis peu, deux énormes jardinières de béton montées sur des parpaings sont venues obturer cet espace qui prend désormais un aspect nettement plus défensif.
Le mur est souvent tagué à la bombe. Il est repeint régulièrement en ton pierre (c’est-à-dire en beige clair). Des refends animent horizontalement la façade et comme le rouleau de peinture ne peut pas pénétrer dans le creux, la couleur bombée peut y rester longtemps, comme du sang caillé au fond d’une plaie. Je fouille de mes doigts dans ces fentes pour vérifier la peinture.
Ce laboratoire d’analyses est plein de surprises : quelques mètres plus loin dans la rue Beaurepaire le long de la façade, un petit dessin au feutre rouge est pris entre deux écritures comme le jambon par deux tranches de pain : au-dessus ARÊNES et au-dessous DE NÎMES. Je passe souvent par ici et je n’avais jamais compris pourquoi ce dessin avait pu surgir ici. Mais comme aujourd’hui je regarde tout très minutieusement, je découvre que juste à côté, derrière la façade vitrée du labo, on a affiché une reproduction ancienne. C’est un fait divers qui s’est passé ici-même, en 1877. Un bœuf devenu furieux a encorné un passant et il a fallu l’abattre en pleine rue. On voit deux soldats visant l’animal et un nuage de fumée blanche sortir de la gueule de leur fusils, comme dans l’Exécution de Maximilien, le tableau de Manet qui a été peint à peine dix ans auparavant..
Le collectif noustoustes.org a recouvert de nombreuses plaques des rues du quartier avec des affichettes au nom de femmes célèbres. Rapinoe, Wittig, Angelou, Morrison, Charpentier ; Mégane, Monica, Maya, Toni, Marie ; footballeuse, théoricienne, poétesse, écrivaine et prix Nobel de chimie…
L’arrière de l’hôtel Ibis qui donne sur la rue Toudic est seulement signalé par une enseigne verticale. Les vitres sont opacifiées, la façade est neutre. Seule la sortie de secours fait un renfoncement. Il est profond et bien utile pour ceux qui veulent y dormir à l’abri. Pour le moment il est vide, mais juste en face, appuyé sur des tubes coudés pour attacher les vélos, un matelas blanc est posé sur la tranche.
Sur le mur de l’Ibis près de la porte, une petite inscription au feutre bleu : ELYAYSIN. Elyasin est un mouvement de recherche spirituelle guidé par Peyman Fattahi alias Master Elias M. Ramollah. Le mouvement s’est beaucoup développé en Iran ces dernières années. Il y aurait plus de 200 000 adeptes de ce que certains appellent une secte, d’autres une nouvelle religion. En tous cas elle subit les persécutions du régime : le leader est déjà allé en prison quatre fois et tous ses livres ont été confisqués.
Au croisement de la rue du Faubourg-du-Temple, c’est la boulangerie-pâtisserie « Aux Péchés normands ». J’ai toujours du mal à me rappeler ce nom. J’ai tendance à dire « Aux Péchés mignons ». Je ne sais pas si c’est que j’aime bien que des péchés soient mignons ou que je refuse que des péchés soient normands (il me semble que ça devrait être plutôt « Aux Pommiers Normands »).
Je traverse la rue du Faubourg-du-Temple. Au coin à droite, l’arrière d’un grand magasin de sport. Sur le trottoir, plusieurs petites tentes de la marque Quechua. Un campement bien organisé, plutôt propre et bien rangé. Il y a quelques temps le magasin était un Décathlon. Les tentes dans la rue semblaient en sortir directement, comme une sorte d’exposition de plein air (la marque Quechua est distribuée par Décathlon). Mais le magasin a été racheté récemment par Intersport et ils n’ont pas changé les tentes ! (elles devraient être maintenant logiquement de la marque Mac Kinley, c’est la marque d’Intersport). Dans les tentes ce sont toujours les mêmes personnes qui s’abritent.
À côté de Connectic (tous les câbles et les hubs pour vos matériels informatiques) il y a une boutique de retouches. Devant la vitrine étroite est posé un buste de mannequin habillé : veste grise, écharpe verte, casquette blanche et bleue. Sur son épaule est épinglée une feuille blanche protégée dans une pochette de plastique transparent qui porte : « Mon nom est Personne ». Je pense tout de suite à un western spaghetti de Sergio Leone. Puis, en associant un peu plus, à cette fameuse ruse d’Ulysse dans l’Odyssée : capturé par le cyclope Polyphème et retenu dans une grotte avec ses compagnons, Ulysse lui crève son œil unique et s’échappe en s’agrippant sous le ventre d’une brebis dont le cyclope aveuglé ne peut que toucher la toison sur le dessus. Avant de partir, Ulysse lui crie qu’il l’a mystifié et qu’il s’appelle Personne. Lorsque le cyclope est secouru par ses frères, et qu’ils lui demandent qui lui a fait cela, il ne peut que leur répondre : « c’est Personne ! » De l’autre côté de la feuille blanche, à moitié cachée, il y a une autre inscription. Cette fois il y a écrit : « l’Homme invisible ». Un autre film et un autre livre…
Derrière moi un homme parle fort dans son téléphone : « … il est devenu incohérent, il racontait n’importe quoi, il savait plus où il était… ».
Coincée entre le chambranle d’une porte d’entrée et la vitrine d’une boutique, une étoile de David au feutre noir surmontée de « Bibi ». Un petit graffiti malingre pour un grand partisan de la manière forte. Mais pourquoi là ? Juste à côté c’est le Maltais Rouge, ancien local du PSU et actuel Centre de recherches Jacques Sauvageot. Dans la vitrine, des livres politiques, parmi lesquels « l’Apartheid israélien, une impasse tragique » de Jean Francheteau. Le combat se poursuit, même dans les détails.
Plus loin sur le même trottoir, une boutique dont les deux marches d’entrée sont faites en mosaïque irrégulière blanche et qui semble prolongée sur le trottoir par un morceau rectangulaire de bande podotactile, celle qui sert à prévenir les aveugles aux abords des passages pour piétons. Triangles irréguliers blancs et picots réguliers blancs, c’est joli. Et ça justifiait bien d’aller voler un bout de plaque au passage piéton, là où elle manque, à l’endroit où la rue de Malte se jette dans la rue Jean-Pierre Timbaud.
TINA Street, une nouvelle rubrique dans TINA online : rue Levat, Marseille
À l’instar de Google Street, Google en moins, TINA Street scanne la ville au ras des rues. Sans autos et sans robots ce sont des subjectivités incarnées que mobilise TINA. Le principe est simple : arpenter une rue du début à la fin (ou l’inverse) et noter librement ce qui retient l’attention en passant, sans préoccupation d’inventaire systématique ni orthodoxie documentaire ; au risque du tourisme et de l’exotisme mais plutôt du côté d’une esthétique du divers. Juste un regard piéton singulier à un moment donné dans une rue particulière. Le deuxième article de cette nouvelle rubrique concerne la rue Levat à Marseille, parcourue par Pierre Ménard.
À Marseille, dans le quartier de la Belle de Mai, la rue Levat est un axe singulier qui débute au niveau de la rue Jobim, par un parking improvisé sur un espace laissé à l’abandon, un immeuble d’habitation moderne qui s’efface sur la droite de la rue en trois bâtiments construits en espalier et sur la gauche le poste électrique de la Belle de Mai dont l’accès est protégé. Ensuite, très rapidement, la rue se réduit tout en ondulant entre des maisons anciennes de deux étages, au point d’obliger les piétons à s’immobiliser lorsqu’une voiture se présente au ralenti pour la laisser passer.
Ici, les gens ont tendance à l’appeler la rue du couvent, en effet, quelques dizaines de mètres plus loin, un immense jardin s’ouvre sur la gauche, il s’agit du Couvent, un lieu de création, de rencontres et de diffusion. Il porte ce nom car il s’est établi dans l’ancien bâtiment principal des sœurs qui ont habité là pendant des décennies. Il abrite une quarantaine d’ateliers, ainsi que deux anciennes chapelles dédiées à l’accueil de résidences et d’expositions. Dans l’immense jardin, des parcelles potagères, des arbres fruitiers, des ruches, du maraîchage, une serre, un poulailler, et même des poissons rouges.
À l’origine, le couvent était une bastide provençale datant du 18ᵉ siècle. En 1838, est créée la congrégation religieuse des Victimes du Sacré-Cœur de Jésus et les sœurs, au nombre de 33, s’installent dans le bâtiment en 1840. Elles vivaient cloîtrées, en économie fermée, produisaient ce qu’elles consommaient et s’occupaient seules de l’ensemble du domaine. Elles quittent Marseille fin 2016 pour se rendre en Vendée dans un couvent beaucoup plus reculé.
La rue Levat est une parenthèse de calme et de nature dans une ville qui en offre assez peu. Quelques affiches sauvages sur les poteaux, les devantures se distinguent les unes des autres par une décoration originale reproduisant un soleil à l’aide de galets ou par l’ajout d’une peinture dont les motifs en noir et blanc représentent la campagne et la mer. Aujourd’hui, on fête le printemps. C’est également le jour de la fin du Ramadan pour les musulmans. Un homme descend tranquillement la rue vêtu de son caftan blanc et d’un bonnet blanc sur sa tête en guise de chéchia.
La rue est interrompue par la rue Clovis Hugues. Le café Au bon coin est fermé aujourd’hui. Dans le petit jardin d’enfants sur la droite, une bande de jeunes discute en fumant. Une voiture de police patrouille, c’est à peine si elle ralentit à leur hauteur avant de poursuivre sa ronde. Les jeunes sourient.
Le dernier tronçon de la rue file sous la ligne de chemin de fer. Un TER passe. Le portrait de Snoop Dog nous accompagne rieur, fresque peinte par OCMvibration, artiste peintre indépendant spécialisé dans la réalisation de fresques murales, dont on voit de nombreuses œuvres dans la ville. La rue se termine quelques centaines de mètres plus loin en débouchant dans la perpendiculaire de la rue Belle de Mai.
TINA Street, une nouvelle rubrique dans TINA online : Changle road, Shanghai
À l’instar de Google Street, Google en moins, TINA Street scanne la ville au ras des rues. Sans autos et sans robots ce sont des subjectivités incarnées que mobilise TINA. Le principe est simple : arpenter une rue du début à la fin (ou l’inverse) et noter librement ce qui retient l’attention en passant, sans préoccupation d’inventaire systématique ni orthodoxie documentaire ; au risque du tourisme et de l’exotisme mais plutôt du côté d’une esthétique du divers. Juste un regard piéton singulier à un moment donné dans une rue particulière. Le premier article de cette nouvelle rubrique concerne la rue ChangLe à Shanghai, parcourue par Yann Moulier Boutang.
Cela commence comme souvent à Shanghai dans des panneaux de chantier ni beaux ni laids, simplement immenses et derrière des grues. On cherche les trottoirs mangés par les travaux qui nous déversent sans ménagement après une centaine de mètres sous une autoroute suspendue très haut. La rue ChangLe qui commença peut-être derrière nous autrefois, on y accède à travers des passerelles suspendues ou bien en coupant vers un grand square à droite.
Greffé sur la courbe de la rue ( la voilà pour de bon), et ses rainures pour guider les aveugles, un très grand square, en fait une forêt d’épicea très hauts et une bordure sauvage d’herbe. Interdit à tout (chien, nageur, pêcheur tennis, ballon, cerf-volant, golfe, badminton, escalade, vélo, feu d’artifice, camping), sauf à un merle noir probablement moqueur. En face, les façades à l’ombre avec des échoppes et des galeries d’artistes (Jim Wu Gallery) désertées. Elles sont habitées pour de vrai, avec des habitants qui font sécher leur linge sans complexe aucun (nappe rouge, drap rouge, pantalon beige ou jaune, survêtements noir et bleu qui font un peu combinaison spatiale).
Mon appareil était au bout de son jus ; pas de câble pour se connecter à la batterie de secours pourtant pleine ; plus de possibilité de photos mais je souviens sans image témoin. La rue ChangLe abrite ensuite à gauche, un solide bâtiment en bon état, l’Académie de Sciences Sociales qui se poursuit par diverses écoles. À tribord, vouées à la démolition, murées, ou entrouvertes sur des passages intérieurs d’anciennes usines, squattés il y a peu, des corniches ornées de frontons dont on prendrait volontiers l’empreinte pour les sauver de la démolition pendante à en juger par les résidences gratte-ciel derrière. Sur bien quatre cents mètres hôtels, résidences. La rue s’est normalisée : avec des résidences récentes.
Un peu plus loin une librairie fait penser à un café dans lequel toutes les places assises sont occupées et dont nous ressortons presque aussitôt. Mais, miracle, à côté, en face une toute petite supérette, qui vend de l’électronique à côté des brochettes de saucisses des câbles en vente à un prix imbattable (une dizaine d’euro pour deux ) rendent ses yeux à mon appareil photo. Je découvrirais un jour plus tard qu’un petit défaut rend le chargement assez capricieux.
Pause café : En retrait de la rue, un café solo annonce une cour, un jardin et des tables en terrasse et deux ou trois beaux arbres qui changent des platanes massacrés systématiquement par un élagage sévère.
Déjà bien enfoncé dans la concession française, un coin de rue muré laisse augurer une démolition prochaine. Des peintures murales dans un style mi naïf, mi BD fait décor avec les bandes blanches du passage protégé ou avec les vélos bleus et jaunes. Un passant réel porte une chemise à bandes noires et blanches et va rentrer dans un café décor assorti.
Devanture d’une échoppe : un vase de plantes (fleurs d’eucalyptus montés en graine) et de fruits séchés (tomates ? kakis ?) artificialise de plus en plus la rue qui est mûre pour les boutiques de mode. Les arrière-cours sont de plus en plus léchées. Le parking vulgaire se transforme en jardin d’agrément à la japonaise.
Les jardins des villas sont rénovés comme des vitrines de luxe ou ne vont pas tarder à l’être. La patrimonialisation avance. Au 666 de la rue ( nombre maudit ou diabolique car il singe deux fois en le doublant le nombre de la Trinité) une plaque commémorative apposée sur la façade d’un vilain bureau de stockage de paquets envahissants remémore le site de BaoLi Tang ( la compagnie de production de cinéma ? ou quelque célébrité beaucoup plus ancienne ? . Impossible de lire et traduire les caractères chinois sur la photo.)
La rue ChangLe approche de la station Changshu Road sur la ligne 7, nous sommes en pleine ancienne Concession Française. Un mélange de boutique de luxe et d’échoppes Des feuilles non balayées s’entassent sur les tuiles dans un négligé savant qui tutoient des gros tuyaux d’aération dans les toitures, les arrières-balcons. Ferronneries dorées, villas opulentes. Les arbres qui ne sont pas des platanes, font l’objet d’un soin méticuleux des racines à leur cœur cimentés.
La rue finit en mur de fleurs tout récent. Des fleurs petites, très soignées. Comme Huashan, la rue dans laquelle elle donne de plus en plus fleurie elle aussi.
Exploration urbaine du 7 mars 2026, par Yann Moulier Boutang (photos et commentaires), en compagnie de Jean-Pierre Caliste et Paul Devautour.
Yann Moulier Boutang est économiste, professeur émérite de l’Université de Technologie de Compiègne-Alliance Sorbonne Université, président de l’association Multitudes et co-directeur de la revue homonyme. Il réside deux mois par an à Shanghai pour ses cours à l’UTSEUS (université sino-européenne de Technologie, Shanghai université).