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#22/ This is it, ma demie-journée du 21 novembre 2024 par Éric Arlix


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#21/ La tectonique des bons sentiments par DeYi Studio


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#20/ Bleus vs All Blacks : 30-29 par DeYi Studio



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#19 / Benjamin Lemoine, Chasseurs d’États, par Pierre Tenne


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#18/ This is it, ma journée du 6 novembre 2024 par Éric Arlix

Dans le capitalisme tardif, bien trop long mais sans doute indépassable, la journée est rythmée par la montée des voix pour Trump et par le nombre de grands électeurs rouges qui augmentent d’heure en heure, la ligne rouge grossit telle un téléchargement lent mais inéluctable.

12H00. Je croise Jésus, c’est une cloche de 30 ans qui en paraît 45 et le corps 60 qui a choisi d’être une cloche, ce n’est pas la société qui l’a rejeté c’est lui qui a rejeté la société. Je lui achète deux bières car le sandwich tofu que j’ai en mains il n’en veut pas.

Dans le capitalisme archi-tardif bien que sans doute indépassable les libertariens (anarchistes de droite) sont la nouvelle tendance, supprimons les États qui ne servent à rien à part entraver la liberté individuelle (des riches).

15h00. Je croise Jésus mais il est avec ses potes éphémères alors ce n’est pas le moment, ils se chauffent avec des 8.6 avant le grand saut dans le monde cotonneux et incompréhensible.

Dans le capitalisme tardif nous pourrions tenter plus souvent des expériences pieds nus (barefoot) – David Carradine le faisait souvent dans son quotidien et même lors de ses rendez-vous professionnels dans les studios d’Hollywood – un acte fort de véritable insoumission.

19H30. Je croise Jesus il me dit Tu veux fumer ? – non merci – j’ai pas de problème tu sais me dit-il, je lui réponds Tant mieux tant mieux en regardant ses pieds noirs comme le goudron sur lequel ils sont posés.

Statistiques de la journée
marche : 3 km.
calories brûlées : 200
Franceinfo : 4 heures
temps à compter les fascistes dirigeant des pays : 2 heures
l’envie de mettre des baffes a des individus de gauche qui ne sont pas de gauche : incalculable
Alcool : 2 gin-to
Protéines animales ingérées : 0

Pieds nus :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Pieds_nus

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#17/ Un monde meilleur, par DeYi Studio




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#16/ Fabrication d’un jeu à l’interstice des mondes par Aurélia Zahedi


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#15/ This is it, ma journée du 21 octobre 2024 par Éric Arlix

Dans le capitalisme tardif et sans doute indépassable la journée est rythmée par des roquettes ou des amendements, par des rendez-vous politiques ou people, parfois les deux entremêlés, par des indignations ou des laisser-faire dans un mega-production permanente (le mot Spectacle n’est plus assez fort vu les moyens déployés), par des révélations sans conséquence ou par des manipulations conséquentes.

Je lis trente pages de Tout l’Univers XVI, je me marre plusieurs fois, je bois un thé oloong, je pars sur les bords de Seine voir les cormorans au Pont du Port à l’Anglais, une bonne trentaine dans cette tribu, c’est la ville sauvage.

Dans le capitalisme tardif la journée est rythmée par des individus effectuant des courses, déplaçant des objets et des matériaux, parcourant pour cela parfois de longues distances pour profiter d’une promotion, d’un bon plan discount, comme un pisteur lors d’une chasse au néolithique, c’est la principale activité.

Je me rends à Porte Dorée en traversant Charenton et le bois de Vincennes pour m’acheter un banh mi tofu sans piment 6,50 euros je le mange en repartant chez moi.

Dans le capitalisme tardif la journée est rythmée pour la grosse flippe d’un gros boum (troisième guerre mondiale, crise financière, piratage mondial de l’infrastructure bancaire numérique, nouvelle pandémie double XL, etc.) et de fait il faut acheter des trucs ou les déplacer pour penser à autre chose.

Le classique par cher soupe lentilles corail, lait coco, curcuma, coriandre, rondelles d’oignons rouge, arachides concassées, top rapide, top prot.

Dans le capitalisme tardif la fin de journée est rythmée par des divertissements sur abonnements, la journée fut si stressante que la validation en sera simplifiée, rapide, pulsionnelle, l’offre est si pléthorique et les recommandations nombreuses, le niveau si élevé, une montée en gamme permanente.

Je reprends Bruit de fond de Don Delillo que j’ai commencé ce matin, lu il y a 25 ans mais aucun souvenir, une page sur deux m’ennuie, l’autre me fascine, pas si mal comme proportion.

Statistiques de la journée
marche : 20 km
calories brûlées : 1 000
protéines animales ingérées : 0
grosses flippes : 3 à 4 minutes
pages lues : 69
cigarettes : trop
alcool : 0
s’oublier en faisant défiler le fil facebook : 5 minutes (shame on me)
travailler pour TINA : 2 heures
écrire : 2 heures un roman improbable.

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#14/ Art, mode, luxe et poudre aux yeux par DeYi Studio


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#13/ Le Biòu d’or par Aurélia Zahedi


Apéritif dans la Bodéga de Pablo Romero, après l’élection du Biòu d’or, Nîmes, 2024

Monsieur Triol m’a dit : C’est comme la palme d’Or pour le réalisateur d’un film, sauf que là, c’est le Biou d’or pour le meilleur taureau. C’est l’événement de l’année pour les Courses Camarguaises.
Pas de chichi par contre. Dans ce petit bar protégé par les têtes de taureaux au mur, tout le monde est debout et tente de trouver une fenêtre pour voir le discours. Les enfants, les mamies, papis, éleveuses, éleveurs, aficionados, journalistes locaux viennent pour la même chose : connaître le taureau vainqueur 2024.
19 représentants de la tauromachie sont appelés à voter devant les spectateurs. Le public a eu son vote lui aussi la semaine dernière.
Pas de discours à la rose, de tapis rouge ou de champagne, simplement une peña (fanfare) qui joue les airs de fêtes.
Aujourd’hui, la récompense se dispute entre deux taureaux : Bohémien et Castella.
Les rumeurs racontent que Bohémien a un gros cœur, qu’il est spectaculaire, qu’il fonce facilement dans les barrières, et que son élégance le caractérise.
Castella, lui, est moins barricadier, très méchant dans son comportement, on ne peut pas l’aborder de n’importe quelle manière. Il est d’une grande intelligence. A gauche, il est capable d’actions très engagées, avec des cornes toujours menaçantes.
Moment du Dépouillement.
Silence total dans le public.
Au micro, les noms sont donnés au fur et à mesure. Ex aequo d’abord, puis Castella se démarque et arrive en tête. Applaudissements dans l’assistance d’un côté, sifflets soutenus de l’autre.
On entend crier « Mascarade ! » « Tricherie ! ». Les mécontents ne cachent pas leurs désaccords.
Comme la tradition le veut, les éleveur.euse.s de Bohémien et Castella ne sont pas venus, pour éviter le désordre. C’est aux arènes cet après-midi que nous verrons les bêtes et leurs manadiers.
L’apéritif est servi. Les discussions sont chargées de passion ; enchantement ou déception, pas de demi-mesure.


Trophée des As, arènes de Nîmes, 2024

Pour imaginer succinctement, la Course Camarguaise consiste à retirer des attributs/décorations sur la tête d’un taureau qui est en piste pendant 15 minutes. Les participants sont appelés raseteurs car on dit qu’ils « rasent » le taureau.
Les trois attributs fixés sur le taureau doivent être détachés dans un ordre bien précis, d’abord la cocarde, un bout de tissus rouge solidement fixé sur le front de l’animal, ensuite les glands : deux pompons blancs sur les cornes, puis les ficelles qui entourent les cornes de l’animal. Chaque attribut arraché rapporte de l’argent à celui qui arrive à les extraire.
La fin de la saison de la Course Camarguaise se termine par le trophée des As, moment qui réunit dans les arènes, les sept plus grands taureaux et 10 meilleurs raseteurs de la saison.
Les taureaux sont :
« Engora » (Aubanel-Baroncelli)
« Montego » (Lautier).
« Lichou » (Rambier-Cavallini).
« Castella » (Saumade), Bioù d’or 2024.
« Bohémien » (Rouquette).
« Vicaire » (Saumade).
« Redon » (Fabre-Mailhan).

Mais avant que la course ne débute, une heure de spectacle est proposée au public.
D’abord arrive la Croix de Camargue, emblème pour représenter la nation camarguaise. S’en suivent le défilé des guardians (gardien.ne.s des troupeaux), à cheval, puis des femmes dans leurs costumes traditionnels arlésiens. Dans une chorégraphie simple et précise, les figures paradent dans cette culture languedocienne provinciale. N’oublions pas le passage des chevaux de Camargue qui font leur effet, ainsi que la présence de la Reine d’Arles, fraîchement élue, représentante de cette culture par excellence. Une série de cartes postales se succèdent donc, dans une odeur d’exotisme poussiéreux. Et pourtant,… quelque chose dénote, grince même. Cette sensation est représentative majoritairement par la musique. A la suite des mélodies occitanes jouées par la peña dans les arènes, les enceintes diffusent Johny Halliday ou la B.O de Titanic réadaptée sur un air de techno. A l’image de l’huile et l’eau, quelque chose n’arrive pas à s’assembler.


Croix de Camargue, Trophée des As, Arènes de Nîmes, 2024

Trophée des As, Arènes de Nîmes, 2024

Trophée des As, Arènes de Nîmes, 2024

Trophée des As, Arènes de Nîmes, 2024

Ces spectacles qui précèdent la Courses Camarguaises existent depuis une dizaine d’année. Les aficionados me racontent que cette culture a besoin d’être mise en avant pour être reconnue. Si elle plaît au grand public, elle pourra alors être préservée. En quelque sorte, la Course Camarguaise ne suffit plus. Si le monde est trop animaliste aujourd’hui pour accueillir les jeux taurins alors peut-être que ce sont aux jeux taurins de s’adapter à son public pour survivre.
Bien sûr, toutes les cultures évoluent avec leur temps mais dans le but, semble-t-il, d’équilibrer la tradition avec le monde. Au début des années 1900, le grand manadier Fernand Granon ajoute dans les Courses Camarguaises l’air du toréador de l’opéra Carmen de Bizet par amour pour cette musique. Depuis, c’est un hommage qui lui est rendu et cette nouvelle règle intégrée garde en mémoire une figure importante de la tauromachie.

Le jeune guardian assis à côté de moi m’affirme que ce spectacle d’introduction donne de la valeur à la Course Camarguaise. Le taureau est au centre et il apporte avec lui la culture. Sans la présence de l’animal ajoute-t-il, il s’agirait de folklore.
Sur un air populiste, l’esthétique, la langue et les coutumes allègrement célébrées dans un spectacle de divertissement permettent-elle de camoufler la question animale ?
Notons que si le tourisme, ignare de la Course Camarguaise tolère, voir, participe à l’événement, c’est que le folklore réussi à noyer le poisson pour maintenir ce jeu taurin.